Samedi, 20 juillet 2019 21:28:44

Le cardinal Pietro Parolin (ici en Lituanie en 2016) a reçu des représentants d'associations LGBT au Vatican. AFP

Certains observateurs évoquent un « moment historique » : des militants LGBT ont été reçus pendant plus d’une heure par le secrétaire du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin. Ils sont venus demander à l’Eglise catholique de prendre position pour condamner la criminalisation de l’homosexualité, encore en vigueur dans de nombreux pays.

Ils sont une cinquantaine, des juristes mais surtout des activistes LGBT à avoir fait le déplacement au Vatican, une première pour eux. Pendant la rencontre, une étude sur la criminalisation de l’homosexualité dans les pays des Caraïbes a été remise au secrétaire d’Etat du Saint-Siège, qui a manifesté son intérêt.

« Je pense qu’il serait très important qu’une position officielle, une déclaration du Vatican ou du pape lui-même soit faite, où l’Eglise dise clairement qu’elle condamne la criminalisation, quel que soit le sexe ou le genre des personnes. C’est ça qui est important », explique l'auteur du rapport, l’avocat argentin Leonardo Raznovich.

Selon celui-ci, le pape François aurait fait jouer de son influence pour que l’Eglise au Belize retire son appel après que la Cour suprême a jugé inconstitutionnel une loi pénalisant l’homosexualité.

 

« On sait lire entre les lignes »

Un signe d’espoir pour ces membres de la délégation comme la Canadienne Helen Kennedy, qui dirige Egale, une association de défense des LGBT : « Ce n’est pas un endroit où l’on se sent d’habitude accueillis. Si le cardinal n’a pas mentionné explicitement les personnes LGBT, on sait lire entre les lignes et on souhaite les encourager à s’engager plus fortement contre la criminalisation de ces personnes à où qu’elles vivent. »

Le cardinal Parolin a tenu à rappeler l’opposition de l’Eglise à toute violence contre les personnes et promis de faire remonter cette rencontre au pape François. Pour les militants LGBT, un dialogue s’est désormais ouvert. Sur 70 pays pénalisant encore l’homosexualité dans le monde, six prévoient toujours la peine de mort.

Avec RFI