Mardi, 26 mars 2019 21:45:38

Le gouverneur palestinien de Jérusalem a été arrêté dans la nuit de mardi à mercredi. Cette fonction est essentiellement symbolique, Israël ayant annexé Jérusalem-Est. Mais Adnan Gheith est un haut responsable de l'Autorité palestinienne. Il est soupçonné d'être impliqué dans la réouverture d'un bâtiment situé sur l'esplanade des Mosquées. Il avait été fermé sur décision de la justice israélienne en 2003, mais rouvert par les Palestiniens vendredi dernier. Selon l'agence de presse officielle de l'Autorité palestinienne, plus de cent personnes ont été interpellées en une semaine par la police israélienne. La plupart ont été relâchées, mais ces incidents et arrestations soulignent un regain de tension autour de ce lieu saint pour les musulmans comme pour les juifs

La porte de la Miséricorde est pour les juifs celle par lequel le messie doit faire son retour. Pour les musulmans, elle sépare le paradis et l'enfer. Symbolique pour les deux religions, elle se retrouve au coeur d'un bras de fer sur son avenir, estime Ofer Zalsberg, analyste à International Crisis Group.

« Le grand rabbin d’Israël dans les années 1980 a proposé de construire une synagogue sur le toit de ce bâtiment. Et côté musulman, cette proposition est vue comme une violation de l’intégralité de la mosquée. Et donc eux ils veulent établir d’autres faits sur le terrain », explique-t-il.

Contestant la fermeture du bâtiment, la fondation islamique qui gère l'esplanade des Mosquées a décidé d'y entrer une première fois le 14 février. L'intitiative a provoqué un mouvement populaire de soutien inatendu qui a surpris les autorités religieuses comme israéliennes, analyse Ofer Zalsberg.

« Israël réagit trop tard. Israël, maintenant qu'il y a des musulmans tout le temps à l'intérieur, est obligé, si elle veut eviter cela, d’envoyer la police, d’utiliser la force », souligne l'expert.

La droite israélienne exige du Premier ministre Benyamin Netanyahu qu'il ferme à nouveau les accès au site. Mais le chef du gouvernement est aussi sous pression de la Jordanie qui officiellement conserve le contrôle de l'esplanade. Amman réclame pour sa part que le bâtiment soit transformé en mosquée.

Avec RFI