Lundi, 28 septembre 2020 07:34:11

 

 

 

L’officiant d’une petite commune a claqué la porte de sa paroisse. Il avait bravé l’interdiction d’accepter le legs d’un de ses anciens fidèles.

À un an seulement de sa retraite et après six ans en fonction dans la paroisse de Walkringen, près de Berne, le pasteur Peter Raich a donné sa démission à la surprise générale. Il n’avait guère d’autre choix, après avoir accepté l’héritage d’une personne qu’il avait accompagnée, dans le cadre de son ancienne affectation, dans un foyer pour personnes âgées de Berlingen (TG).

Le règlement, c’est le règlement

Or, cette situation le met en contravention avec le règlement de l’Église, qui interdit «l’acceptation de dons, y compris d’un héritage, si cela est ou pourrait être lié à sa position».
Dans une lettre citée par le quotidien «Berner Zeitung», la présidente du conseil de paroisse, Lisbeth Zogg, explique que le départ du pasteur était inéluctable: «Un prêtre ne doit pas donner l’impression qu’il préfère quelqu’un dans son travail pastoral pour un gain personnel. Son devoir est de traiter tout le monde de la même manière.» Lisbeth Zogg reconnaît que ce départ brutal a causé un choc parmi les paroissiens, qui peinent à comprendre en quoi cette affaire concernant une autre commune l’empêche d’assurer son ministère actuel.

Le pasteur s’explique

De son côté, Peter Raich ne donne aucune information sur le montant de l’héritage. Il affirme toutefois qu’il n’est en rien lié à son engagement dans l’EMS thurgovien. S’il veut l’accepter, c’est avant tout «pour des raisons morales». Par ailleurs, le pasteur n’exclut pas de poursuivre son activité pastorale en dehors de l’Église nationale bernoise. «Je dois d’abord mener mon examen de conscience avant de savoir si je veux ou si je peux faire cela», ajoute-t-il.

Ni dons ni cadeaux

Les pasteurs ne sont pas les seuls à ne pouvoir accepter de dons de la part de leurs paroissiens. Une telle interdiction est fréquente dans les relations de travail relevant du droit public, explique Adrian Hauser, porte-parole de l’Église nationale bernoise. Ces restrictions s’appliquent expressément aux fonctionnaires cantonaux, par exemple. Ceux-ci sont également tenus de refuser les cadeaux, si leur valeur dépasse 200 francs.

20 Minutes